samedi 15 août 2009

C1. MAHAVIRA, dernier TIRTHANKAR (16.08.2009).



MAHAVIRA, dernier TIRTHANKAR
(599 av. J.C - 527 av. J.C.)



Éprouvant chaque plaisir et chaque douleur, et voyant que la jeunesse et la force n’ont pas encore décliné, vous êtes encore jeune et fort.
Oh ! Homme sage, sachez que c’est le bon moment pour penser à votre élévation (spirituelle) !
(Mahavira).



Dans le Bihar, je marche sur la piste du Bouddha, mais aussi sur celle de Mahavira.

Depuis le Népal, Birjanj et Raxaul, j'hésite à m'arrêter à Vaishali, où Mahavira est né.
Finalement, je continue directement sur Patna...
Quelques jours plus tard, je visite le Jalmandir à Pawapuri.
Mahavira y donne son dernier sermon, atteint le nirvana et y est incinéré.
Entre ces deux lieux, une vie exceptionnelle se déroule, comparable à celle de Siddharta Gautama.

Bouddha et Mahavira sont contemporains.
Mahavira, plus âgé que Bouddha, atteint le nirvana deux ans plus tôt.
Les parents de Bouddha sont membres laïques de l’ordre de Parshvanath (23e tirthankar). Ce sont donc des disciples jaïns.
Et Bouddha s’inspire du jaïnisme pour fonder sa propre doctrine.
Leurs vies ont beaucoup de similitudes : dates et lieux de naissance, origine sociale ou caste, parcours de vie,…


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Son nom est Vardhaman Nataputta.
Il sera appelé plus tard MAHAVIRA (le Grand Héros).
Il est né à Vaishali (Kundagrama) à 43 km au nord de Patna (au Bihar).


Son père, Siddharta, dirige la petite république de Kundagrama.
Sa mère s'appelle Trishala.
Ses parents étaient tous deux de la caste des Ksatriya (caste des guerriers).
Adeptes de Parshvanath (le 23ème tirthankar), ils suivent son enseignement (très semblable au jaïnisme actuel).
Durant la grossesse de Trishala, le royaume prospère. Les parents attribuent cette prospérité à la future naissance.
On nomme le bébé "Vardhaman" ("sans cesse florissant").


Enfant courageux, Vardhaman sauve ses camarades d'un serpent. Après d'autres épisodes semblables, Vardhaman est surnommé "Mahavira".
Il reçoit une éducation très complète, digne de la classe dirigeante de l'époque.


On lui reconnaît vaillance et intelligence.
Le confort et le luxe ne l'attirent pas, il préfère vivre simplement.
Lorsque ses parents meurent, il veut devenir moine.
Mahavira a trente ans.

Poussé par l’envie de connaître la connaissance suprême, il abandonne tous ses biens et distribue ses richesses.
Pendant plus de douze ans, il mène une vie de moine errant et d'ascète.

Mahavira médite profondément et longuement.
Il s’inflige d'austères pénitences, pratique le triple contrôle du corps, de la parole et de la pensée.

Au bout d'un an, il adopte la nudité comme signe de pauvreté volontaire et de dépouillement intérieur. Et il néglige complètement son corps.
Cela lui attire quelques persécutions parmi ses contemporains.
A cette occasion, comme à d'autres, Mahavira fait preuve de sérénité et de compassion envers tous les êtres.
Il pardonne de bon coeur à ceux qui lui font du mal.

Au bout de ces douze ans, à l'âge de quarante-deux ans, il parvient à la connaissance suprême.
Il devient un saint (un arrhat).
Cela lui permet de réaliser pleinement le passé, le présent et l'avenir.
Il devient Jina, le vingt-quatrième tirthankar de notre ère.


Pendant les trente années suivantes, Mahavira délivre son message de paix, d’amour et de non-violence à tous les êtres vivants.
Il continue ses pénitences et ses méditations.
Il oeuvre à la propagation de la doctrine et il organise la communauté jaïne.


Il rétablit les quatre ordres religieux (les Tirth):
celui des moines, des nonnes, des hommes laïques et des femmes laïques.
Il forme ainsi la communauté jaïne (la Sangha).


Son premier disciple est Gautamswami, un brahmane réputé.
Mahavira compte onze disciples. Ces derniers mémorisent les enseignements du maître et les compilent en douze parties.
Elles sont longtemps transmises oralement de maîtres à disciples.
Huit cent quatre vingt dix ans après la mort de Mahavira, elles sont enfin mises par écrit.


Le jaïnisme ne possède pas de clergé, il n'y a pas de médiateurs entre Dieu et les hommes.
Mahavira vulgarise cette philosophie en l’ouvrant à tous sans aucune distinction de sexe, couleur, caste... La spiritualité n'est plus réservée aux ascètes.


A l'époque de Parshvanath, moines et nonnes suivent quatre grands voeux.
Mahavira en ajoute un cinquième. Ces cinq voeux sont :
1) Le voeu de non-violence (Ahimsa)
2) Le voeu de franchise (Satya)
3) Le voeu d'honnêteté (Asteya)
4) Le voeu de dénuement (Aparigraha).
5) Le voeu de chasteté (bramacharya), ajouté par Mahavira.


Jadis, des sacrifices sanglants eurent lieu au nom de la religion.
L'enseignement de Mahavira permet aux gens de prendre conscience de la nécessité d'adopter une conduite non-violente.
Ses prêches contribuent à la naissance d'une société plus juste, plus harmonieuse.


Après avoir enseigné trente ans, Mahavira atteint le Nirvana en 527 av. J.C,. à soixante-douze ans.
Il devient un Siddha, un être libéré du cycle des vies et des morts.
C'est le 24ème et dernier des grands guides spirituels pour les Jaïns.
Réformateur des anciennes sectes, il insuffle au jaïnisme un souffle nouveau en rendant plus rigoureuse la discipline.


"Celui qui connaît le soi intérieur connaît aussi le monde extérieur. Celui qui connaît le monde extérieur connaît aussi le soi intérieur" (Mahavira).




Lionel Bonhouvrier.

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